Dans ce nouvel épisode de Génération Perdue, l'animateur Sébastyen Dugas reçoit Valécia Pépin, une auteure et réalisatrice de théâtre d'origine haïtienne qui a grandi à Beauport, Québec. Son parcours est fascinant et inspirant, et son témoignage nous montre comment l'art peut aider à surmonter des expériences traumatisantes. Valécia nous partage ses projets artistiques, son passé tumultueux, et ses ambitions futures.
De la Radio Étudiante aux Courts-Métrages
Valécia Pépin nous raconte comment son intérêt pour les médias a commencé dès l'âge de treize ans. Elle était présidente de la radio étudiante en secondaire cinq et, plus tard, présidente de son école. C'est là qu'elle découvre sa passion pour la création, la production, et l'animation. Après avoir fait du modeling et travaillé comme actrice, elle s'est dirigée vers la télévision communautaire en Alberta où elle a vraiment pu s'épanouir. « Les gens me disaient que j'étais folle de faire tant de bénévolat, mais je savais que je construisais quelque chose », dit-elle.
Pièce de Théâtre « Illusion » : L'Art Comme Thérapie
C'est en Alberta que Valécia commence à travailler sur son projet le plus personnel et poignant : la pièce de théâtre « Illusion ». Ayant vécu des expériences difficiles liées à la prostitution et aux proxénètes, elle décide de confronter son passé par l'écriture. Le directeur général de l'UniThéâtre à Edmonton lui lance le défi d'écrire une pièce qui sera lue publiquement. Encouragée par sa mentor Anne-Josée Thibault, Valécia se lance dans ce projet avec pour objectif d'aider d'autres jeunes femmes en détresse.
D'un Texte Humouristique à une Œuvre Percutante
Initialement, le texte de Valécia prend une forme plus humoristique. « C’était correct. Ce n’était pas comme ça que ça a tourné, mais c’était correct de le faire sortir comme ça pour la première fois », raconte-t-elle. La première version de la pièce est présentée lors d'une lecture publique, où elle interagit avec l'actrice qui lit son histoire. La seconde version est plus organisée, avec des actrices jouant différents personnages derrière une toile. Cette mise en scène permet à Valécia de prendre du recul et d'observer l'impact de son récit.
Un Court-Métrage Récompensé
Inspirée par le succès de sa pièce, Valécia se tourne vers le cinéma pour continuer à raconter son histoire. Elle réalise un court-métrage intitulé « Illusion : La Peur », qui est projeté au Edmonton Shock Film Festival. Le film remporte le prix Justice for Reel, une reconnaissance qui est d'autant plus précieuse que Valécia a tout fait, de l'écriture à la réalisation, sauf tenir la caméra.
Les Défis de l'Écriture Scénaristique
Écrire un scénario de court-métrage n’a pas été une tâche facile pour Valécia. « Écrire les actes, ça se fait super bien parce que c’est simple, tu racontes. Écrire les scènes, c’est plus compliqué. J’ai peur de tomber dans la fiction », dit-elle. Garder l’authenticité de son vécu tout en rendant chaque scène percutante demande une discipline rigoureuse. Elle admet également avoir des difficultés à se rappeler certains détails, car elle consommait de l’alcool et des drogues à cette époque.
L'Importance de Partager et Sensibiliser
Valécia souhaite que son travail serve à sensibiliser le public et à aider des personnes en difficulté. Elle rêve de voir ses films utilisés par des organismes gouvernementaux pour éveiller les consciences. « J’aimerais ça que le gouvernement prenne des séquences, prenne les choix de films, puis que ça soit à la télévision. Que les gens se réveillent là-dessus », explique-t-elle. Elle aspire également à créer des conférences sur le modèle de « Illusion » et à les emmener dans les écoles, les centres pour jeunes, et les maisons pour femmes.
Une Implication Humanitaire
Si Valécia Pépin se concentre actuellement sur ses projets de courts-métrages, elle ne perd pas de vue son désir de s’impliquer davantage dans l’une de ses causes. Un de ses amis en Haïti l’a invitée à venir donner espoir à des jeunes dans le besoin après la pandémie. Elle rêve également d’étudier la prostitution à Amsterdam pour mieux comprendre comment aider les travailleuses du sexe à être en sécurité.
Conclusion
Le parcours de Valécia Pépin est un exemple puissant de résilience et de créativité. Elle a su transformer des expériences douloureuses en œuvres artistiques percutantes, avec l'ambition d'aider d'autres personnes à surmonter des défis similaires. Son témoignage nous rappelle l'importance de l’art comme vecteur de transformation sociale.
Pour en savoir plus sur Valécia Pépin et suivre ses projets, n'oubliez pas de rester connecté à Génération Perdue pour des mises à jour et des nouvelles inspirantes.

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